Julien Suaudeau

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Julien Suaudeau
Naissance (48 ans)
Évreux (Eure)
Activité principale
romancier
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Œuvres principales

Dawa
Le Français

Julien Suaudeau, né le à Évreux (Eure), est un écrivain, enseignant et documentariste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Julien Suaudeau obtient une licence de littérature française à l'université Paris-IV en 1996[1]. Il poursuit ses études à l'Institut d'études politiques de Paris, où il obtient un master en 1999[1]. Il travaille ensuite en Azerbaïdjan[2], puis devient critique de cinéma à Positif[3], où il écrit de 2001 à 2004. En 2005, il réalise Il était une fois en Côte d'Ivoire[4], un documentaire qui retrace l'histoire contemporaine du pays depuis son indépendance.

En 2006, il s'installe à Philadelphie, aux États-Unis. Il continue à réaliser des documentaires et des courts métrages, parmi lesquels [5], en 2010.

Son premier roman, Dawa, sort en . Au lendemain des attentats du , plusieurs médias insistent sur les similitudes frappantes entre le scénario des attaques et l'intrigue de ce livre[6],[7],[8],[9].

En , il publie Le Français[10], qui raconte à la première personne la métamorphose d'un jeune garçon de la campagne en bourreau de l'État islamique. Dans une interview à Paris Match, l'auteur insiste sur le fait que les djihadistes sont français et que pour cette raison il est impossible de leur faire la guerre[11]. Ni le feu ni la foudre[12], récit fictif de la journée de cinq Parisiens du petit matin au soir du 13-novembre, sort en . Le roman, dont le titre est inspiré d'un vers de Louis Aragon, clôt ce que Suaudeau appelle sa trilogie de la terreur[13].

Selon Maria Herminia Laurel, universitaire spécialiste de littérature comparée, ces trois livres seraient en fait le miroir d'une France « qui ne s'aime plus[14]. » Le , la Radio Télévision Suisse Romande diffuse des extraits de Ni le feu ni la foudre, lus par des comédiens[15].

Son quatrième roman, Le Sang noir des hommes, paraît en . Il raconte l'histoire d'une vengeance familiale sur fond de pillage de l'Afrique de l'Ouest au temps des colonies[16]. Selon l'auteur, ce livre explore les zones d'ombre de l'histoire coloniale[17].

Julien Suaudeau vit aux États-Unis depuis 2006[6] et y donne régulièrement des conférences sur la France et le monde francophone[18]. Depuis , il enseigne au collège Bryn Mawr[19],[20].

Il tient depuis une chronique régulière[21] sur la politique et la société française, ainsi que sur les pages manquantes de l'histoire coloniale. Dans ces articles, il est aussi question de séries télévisées[22] et de cinéma.

En , Suaudeau et le monteur Yann Dedet publient Le Spectateur zéro - Conversation sur le montage[23]. Trois ans plus tard, en janvier 2023, Suaudeau signe pour la Cinémathèque française le texte de présentation de la rétrospective consacrée aux films montés par Yann Dedet[24]. Dans le cadre de la rétrospective, un portrait de celui-ci réalisé par Julien Suaudeau est mis en ligne sur la plateforme HENRI[25].

En sort Universalisme[26], écrit avec Mame-Fatou Niang. Dans cet essai, les auteurs font la critique de l'universalisme classique et proposent de le réinventer comme langage antiraciste et postcolonial. Dans son édition du , sous la plume de Colin Folliot, Le Monde estime que la force du livre réside « dans une méthode et un regard qui laissent entrevoir, à rebours des querelles actuelles, une société plus apaisée[27]. »

Polémiques[modifier | modifier le code]

En , Julien Suaudeau est à l'origine d'une pétition avec Mame-Fatou Niang pour faire retirer une fresque commémorant la première abolition de l'esclavage à l'Assemblée nationale française. Selon les auteurs de la pétition, les codes iconographiques utilisés par le tableau reprendraient une imagerie raciste et celui-ci n'aurait sa place ni dans un bâtiment officiel ni pour remplir une fonction commémorative[28],[29]. La pétition est accompagnée de deux tribunes publiées sur BibliObs[30],[31], puis suivie un an plus tard d'une nouvelle mise au point sur Slate.fr[32]. Dans ce texte, Suaudeau et Niang se demandent s'il est possible « d'inventer, sans compromettre l'Art, une plus juste façon d'honorer la Mémoire et de donner à voir l'Histoire. »

Le , Suaudeau publie sur Slate.fr une lettre adressée à Christine Angot, après les propos de celle-ci au sujet de l'esclavage et de la Shoah dans On n'est pas couché[33].

Films et publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Julien Suaudeau CV, sur brynmawr.edu, [lire en ligne] [PDF].
  2. « Le Bouquineur : Rechercher - Suaudeau », sur lebouquineur.hautetfort.com (consulté le ).
  3. « calindex.eu - le site des index de revues de cinéma », sur calindex.eu (consulté le ).
  4. « film-documentaire.fr - Portail du film documentaire », sur film-documentaire.fr (consulté le ).
  5. « Zé (2010) », sur unifrance.org (consulté le ).
  6. a et b « Dawa, le roman qui avait raconté les attentats de Paris en mars 2014 », sur Les Inrocks (consulté le ).
  7. « Dawa, le roman qui avait anticipé les attentats du 13 novembre », sur LCI, (consulté le ).
  8. « Julien Suaudeau, l'écrivain qui avait raconté 6 attentats, à Paris, un vendredi 13 », sur Marianne, (consulté le ).
  9. « Comment fabrique-t-on un djihadiste ? », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  10. « La naissance des monstres : de la misère au djihadisme, tous coupables », sur Le Huffington Post, (consulté le ).
  11. Paris Match, « Julien Suaudeau - "Le vide de notre sous-culture nous revient en pleine gueule" », sur parismatch.com (consulté le ).
  12. « Il était une fois la France », sur Le Courrier, (consulté le ).
  13. « Car la vie est si fragile », sur Le Devoir (consulté le ).
  14. Maria Herminia Laurel, « Introduction à la lecture des romans Dawa, Le Français, Ni le feu ni la foudre, par Julien Suaudeau », Libretos,‎ (ISBN 978-989-99375-8-1, lire en ligne).
  15. « La menace terroriste mise en fiction », sur rts.ch, (consulté le ).
  16. « Le Sang noir des hommes : un roman de vengeance et de violence », sur TV5MONDE Culture (consulté le ).
  17. « Invité Culture - Livre : Le Sang noir des hommes de Julien Suaudeau », sur RFI, (consulté le ).
  18. « Alliance française de Philadelphie - "Living with Terror: France in the face of jihadism", lecture by Julien Suaudeau », sur afphila.com (consulté le ).
  19. « Julien Suaudeau — Lecturer in French », sur brynmawr.edu, [lire en ligne], page consultée le .
  20. « Le Français - Julien Suaudeau », sur lecerclepoints.com (consulté le ).
  21. « Julien Suaudeau : ses articles à lire sur Slate.fr », sur Slate.fr (consulté le ).
  22. « Watchmen et le massacre de Black Wall Street », sur slate.fr, .
  23. Jean-Michel Frodon, « Les aventures émotionnelles et politiques du Spectateur zéro », sur projection-publique.com, .
  24. Julien Suaudeau, « L'ennemi de l'imparfait »,
  25. Julien Suaudeau, « Kotonaru, portrait de mon sensei en sept tableaux »
  26. « Universalisme », sur anamosa.fr.
  27. Colin Folliot, « Pour un universalisme "à la mesure du monde" », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès payant).
  28. « Ils voient du racisme partout : des antiracistes s'en prennent à une fresque de l'Assemblée nationale ! », sur Marianne, .
  29. « L’Assemblée nationale abrite-t-elle un tableau raciste ? », sur L'Obs, .
  30. « Banalisation du racisme à l'assemblée nationale : ouvrons les yeux », sur nouvelobs.com.
  31. « Nous ne sommes pas ce que vous voulez que nous soyons », sur nouvelobs.com.
  32. Julien Suaudeau, Mame-Fatou Niang, « Ce tableau d'Hervé Di Rosa est-il la meilleure œuvre pour commémorer la première abolition de l'esclavage ? », sur slate.fr, .
  33. « Christine Angot fait polémique après ses propos sur l'esclavage », sur Le Huffington Post, (consulté le ).
  34. « Prix littéraires Transfuge: le palmarès ! », sur transfuge.fr, .
  35. Laurent Cambon, « Le prix du Syndicat Français de la Critique de Cinéma récompense le nouvel ouvrage de Yann Dedet et Julien Suaudeau. », sur À voir à lire, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]